expertdassure.com

Combien coûte un expert d’assuré après une cyberattaque ?

Après un rançongiciel ou une fraude au virement, l’entreprise engage déjà des frais de prestataires informatiques et juridiques ; s’y ajoute parfois le coût d’un expert d’assuré pour défendre l’indemnisation. expertdassure.com explique comment ces honoraires sont calculés, comment ils s’articulent avec les garanties du contrat cyber et comment juger un devis.

Combien coûte un expert d’assuré après une cyberattaque ?
Accueil › Entreprises et industrie › Combien coûte un expert d’assuré après une cyberattaque ?

Ce que rémunère l’expert d’assuré sur un dossier cyber

Sur un sinistre cyber, l’expert d’assuré n’est pas un prestataire de réponse à incident : il ne restaure pas les serveurs. Son travail consiste à analyser le contrat et ses sous-limites, à vérifier que chaque poste de préjudice est déclaré, à rassembler les factures des intervenants, à documenter la perte d’exploitation avec le service comptable et à discuter avec l’assureur ou son expert.

Il intervient aussi sur les points sensibles : contestation de la conformité des mesures de sécurité déclarées à la souscription, qualification de la fraude au virement, prise en charge des heures internes consacrées à la reconstruction ou à la ressaisie. Le suivi se poursuit jusqu’au règlement, parfois en plusieurs acomptes.

Repères tarifaires : le barème UPEMEIC

En France, la profession se réfère couramment au barème UPEMEIC, dégressif selon le montant des dommages. Il s’applique aussi aux sinistres immatériels, même si le montant de référence est alors constitué de frais et de pertes financières plutôt que de biens détruits. Il reste une référence indicative, et non un tarif imposé.

Le tableau ci-dessous reprend les tranches du barème et donne, pour chacune, un exemple de configuration de sinistre cyber. La lettre de mission précise si le taux s’applique à la totalité du montant ou par tranches successives.

Barème de référence UPEMEIC (France) – honoraires indicatifs d’expert d’assuré, illustrés par des sinistres cyber
Montant des dommagesHonoraires indicatifsConfiguration cyber typique
Jusqu’à 25 000 €9 %Piratage de messagerie, frais de nettoyage et de notification
25 001 € à 50 000 €8 %Fraude au faux fournisseur de montant limité
50 001 € à 100 000 €7 %Rançongiciel sur quelques postes, arrêt de quelques jours
100 001 € à 200 000 €6 %Indisponibilité du système d’information de plusieurs semaines
200 001 € à 400 000 €4,5 %Fuite de données clients avec réclamations de tiers
400 001 € à 800 000 €3,5 %Arrêt de production d’un site industriel connecté
800 001 € à 2 000 000 €2,5 %Attaque touchant plusieurs filiales
Plus de 2 000 000 €1 % à 1,75 %Crise cyber majeure d’un groupe

Montants indicatifs, à vérifier auprès de chaque expert.

Hors de France

En Belgique, en Suisse, au Luxembourg et au Canada, il n’existe pas à notre connaissance de barème de référence équivalent. Les cabinets pratiquent des pourcentages du même ordre ou, plus souvent pour les dossiers cyber, des honoraires horaires en euros, francs suisses ou dollars canadiens. Ces pratiques constituent un ordre de grandeur indicatif observé sur le marché, non officiel.

Les différentes formules de facturation

Le pourcentage peut porter sur le préjudice total réclamé, sur l’indemnité finale ou uniquement sur l’amélioration obtenue par rapport à l’offre initiale de l’assureur. Cette dernière formule est parfois proposée sur les dossiers cyber, où l’assureur a souvent déjà pris en charge directement les frais de son réseau d’assistance.

Le forfait se rencontre pour des sinistres limités, par exemple une compromission de messagerie sans arrêt d’activité. Les honoraires horaires conviennent à une mission d’assistance ciblée : relecture de la position de l’assureur, préparation d’un dossier de perte d’exploitation, présence à une réunion. Un minimum d’honoraires est fréquent.

Ce qui peut s’ajouter à la facture

La TVA, au taux normal en France, s’ajoute aux honoraires exprimés hors taxes. Peuvent aussi être facturés à part un expert-comptable pour la perte d’exploitation, un consultant en sécurité pour contre-analyser un rapport d’investigation ou des frais de déplacement. Ces éléments doivent être chiffrés ou plafonnés dès l’origine.

Garantie honoraires d’expert et contrat cyber

Les polices cyber prévoient souvent la prise en charge de frais d’experts, mais il s’agit généralement des experts techniques de réponse à incident, pas forcément de l’expert d’assuré chargé de défendre l’indemnisation. Certains contrats incluent une garantie spécifique honoraires d’expert ou frais de préparation de la réclamation, plafonnée en montant ou en pourcentage ; d’autres n’en prévoient aucune.

Il faut donc vérifier le libellé exact de la garantie, son plafond, la sous-limite dont elle dépend et l’éventuelle exigence d’accord préalable de l’assureur. La multirisque professionnelle peut aussi comporter une garantie honoraires d’expert, mais elle ne joue en principe que pour les sinistres qu’elle couvre.

Du petit incident à l’arrêt complet : exemples indicatifs

Une compromission de messagerie ayant généré 20 000 € de frais de remédiation et de notification relève de la première tranche, à 9 % : environ 1 800 € HT. Sur ce type de dossier, un forfait ou un accompagnement horaire limité est souvent plus adapté qu’un pourcentage.

Un rançongiciel immobilisant une PME pendant trois semaines, avec 150 000 € de frais et de pertes réclamés, se situerait à 6 %, soit environ 9 000 € HT et 10 800 € TTC. Si le cabinet facture plutôt un pourcentage sur le gain obtenu, par exemple 15 % d’une amélioration de 40 000 €, le coût serait de 6 000 € HT.

Pour un groupe paralysé plusieurs mois, avec 1,5 million d’euros de préjudice, le taux de 2,5 % représenterait environ 37 500 € HT. Ces chiffres sont des ordres de grandeur, à confirmer par un devis écrit.

Choisir un cabinet compétent en risques numériques

Un sinistre cyber exige un expert qui comprend à la fois les garanties, la comptabilité et les rapports techniques d’investigation. Demandez quels dossiers cyber le cabinet a déjà traités, s’il travaille avec des spécialistes en sécurité informatique et comment il articule son intervention avec celle de l’assistance de l’assureur, pour éviter les doublons de facturation.

La lettre de mission doit indiquer la base de calcul, le taux, le minimum, les frais inclus et exclus, la TVA, l’exigibilité et les conditions de résiliation. Écartez toute promesse de remboursement intégral : l’issue dépend des déclarations faites à la souscription, des preuves et des limites du contrat.

Organismes qui proposent ce service

  • CohnReznick – Incident Response & Recovery : Cabinet de conseil proposant des services de réponse aux incidents de cybersécurité et d'accompagnement à la reprise d'activité après une attaque.
  • UnderDefense – Insurance & Law Firms : Société de cybersécurité accompagnant assureurs et cabinets d'avocats lors d'incidents, avec réponse à incident et investigations numériques pour leurs clients.
  • La Médiation de l'Assurance : Service de médiation auquel les assurés peuvent soumettre un litige avec leur assureur, encadré par une charte du Médiateur publiée en ligne.
  • La Médiation de l'Assurance : Dispositif de médiation du secteur de l'assurance en France, saisi pour les litiges entre assurés et assureurs, qui publie une charte et un rapport annuel.

Liens externes fournis à titre informatif ; vérifiez les conditions directement auprès de chaque organisme.

Questions fréquentes

Les frais de l’expert d’assuré sont-ils couverts par le contrat cyber ?

Pas toujours : beaucoup de contrats couvrent les experts techniques mais pas l’expert chargé de défendre la réclamation. Vérifiez l’existence d’une garantie honoraires d’expert ou frais de préparation de la réclamation.

Le barème UPEMEIC s’applique-t-il aux sinistres immatériels ?

Il peut servir de référence, mais les cabinets l’adaptent souvent, notamment par des honoraires horaires ou un pourcentage sur le gain obtenu.

Faut-il un expert d’assuré pour un petit incident cyber ?

Rarement. Pour un incident modeste et pris en charge sans difficulté, l’assistance de l’assureur suffit souvent ; l’expert devient utile en cas de refus ou de préjudice important.

Les honoraires sont-ils payables en cas de refus de garantie ?

Cela dépend de la lettre de mission. Certains cabinets facturent un minimum, d’autres seulement en cas d’indemnisation.

Le coût d’un expert d’assuré en matière cyber se mesure à l’aune des montants en jeu et des garanties réellement mobilisables. Lire le contrat et la lettre de mission côte à côte reste la meilleure protection.